Amnesty International (section Tunisie) a annoncé, le 3 mai 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, la relance de son prix annuel de journalisme, qui portera désormais le nom de « Prix Amnesty International – Kamel العبيدي ».
Cette dénomination rend hommage à la mémoire de feu Kamel العبيدي, ancien directeur de la section tunisienne de l’organisation et figure majeure de la défense de la liberté de la presse et des droits humains. Dans son communiqué, l’organisation a souligné que ce prix constitue une reconnaissance de son parcours militant, notamment son rôle central à la tête de la Commission nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC) après 2011, où il a conduit un processus visant à instaurer un paysage médiatique libre et indépendant.
Dans ce contexte, Amnesty International a fermement condamné les poursuites judiciaires et les détentions visant des journalistes en Tunisie, affirmant que leur place est dans l’espace public du débat et non en prison, selon les termes du communiqué.
L’organisation a également appelé à la libération de tous les prisonniers d’opinion, réaffirmant que la liberté d’expression demeure un droit fondamental qui ne doit en aucun cas être criminalisé.
Le prix sera décerné chaque année aux travaux journalistiques faisant preuve de courage et contribuant à la défense des droits humains, dans tous les formats journalistiques (écrit, audiovisuel ou numérique). La cérémonie de remise aura lieu le 17 janvier de chaque année, en hommage à la date du décès de Kamel العبيدي.
L’organisation a précisé que les conditions de candidature et les modalités de participation seront communiquées ultérieurement sur ses canaux officiels.
Kamel العبيدي (1952–2022) est considéré comme l’une des figures les plus importantes du journalisme et des droits humains en Tunisie et dans le monde arabe. Il était reconnu pour son courage face à la censure durant les décennies d’autoritarisme, ce qui lui a valu de nombreuses pressions et intimidations.
Il a travaillé comme journaliste en Tunisie puis comme correspondant pour de grands journaux arabes, anglais et français. Il a également dirigé la section tunisienne puis celle de Beyrouth d’Amnesty International, avant de travailler comme chercheur pour plusieurs organisations internationales, notamment l’organisation britannique Article 19 et le Committee to Protect Journalists (CPJ) aux États-Unis.
Après la révolution de 2011 en Tunisie, Kamel العبيدي a été nommé à la tête de la Commission nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC), chargée d’accompagner la transition médiatique et de définir une feuille de route pour une politique médiatique garantissant un droit du citoyen à une information indépendante, pluraliste et de qualité, tout en renforçant le service public de l’audiovisuel.
Il était surnommé « le militant discret » et est resté jusqu’à sa mort une référence morale pour les journalistes en Tunisie et dans plusieurs pays arabes, incarnant l’éthique, l’indépendance et la défense des droits universels.