L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a décerné le Prix mondial de la liberté de la presse Guillermo Cano 2026 au Syndicat des journalistes soudanais, en reconnaissance de son rôle dans la défense de la liberté des médias dans le contexte du conflit en cours au Soudan depuis 2023.
Cette distinction intervient dans un contexte extrêmement préoccupant, alors que le syndicat a documenté la mort de 32 journalistes et recensé 556 violations visant les professionnels du secteur médiatique, en plus de l’arrêt de publication de plusieurs journaux et stations de radio. Ces données reflètent une détérioration sévère du paysage médiatique, faisant du Soudan un environnement particulièrement dangereux pour l’exercice du journalisme.
L’UNESCO a souligné que les journalistes soudanais continuent d’exercer leur mission malgré les menaces de violence et d’arrestation, les coupures d’Internet et des communications, ainsi que la destruction d’environ 90 % des infrastructures médiatiques. Cette situation a entraîné une restriction de la circulation de l’information et créé un vaste vide médiatique, favorisant la propagation des fausses informations et de la propagande liée à la guerre.
De son côté, le Syndicat des journalistes soudanais a considéré que ce prix constitue une reconnaissance des efforts de tous les journalistes du pays, qui poursuivent leur travail dans des conditions complexes et dangereuses afin de transmettre la vérité et défendre la liberté d’expression.
L’annonce du prix coïncide avec les préparatifs de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai, à l’occasion de laquelle l’UNESCO organise une conférence internationale dans la capitale zambienne Lusaka, avec la participation d’acteurs du secteur des médias et de la société civile.
Le recul de la liberté de la presse ne concerne pas uniquement le Soudan. Des rapports de l’UNESCO indiquent une baisse mondiale de la liberté d’expression de 10 % depuis 2012, accompagnée d’une hausse notable de l’autocensure au sein des institutions médiatiques. Les pressions juridiques et financières sur les journalistes se multiplient également, parallèlement à l’augmentation des violences numériques, en particulier contre les femmes journalistes.
Dans ce contexte, l’UNESCO a appelé les gouvernements et les différents acteurs à renforcer leur soutien au journalisme indépendant et à garantir la continuité du travail des institutions médiatiques, considérant que la protection des journalistes et l’intégrité de l’information constituent deux piliers essentiels pour la paix et la stabilité.
Le Prix Guillermo Cano est décerné chaque année depuis 1997 afin de récompenser les personnes ou institutions ayant apporté des contributions remarquables à la défense de la liberté de la presse, notamment dans des environnements marqués par des risques et des défis majeurs.