Conseil de la presse : une directive pour le traitement médiatique des violences sexuelles contre les enfants

Le Conseil de la presse a publié une directive destinée aux médias et aux journalistes sur le traitement médiatique des crimes de viol, de harcèlement et d’agression sexuelle contre les enfants. Il les appelle à respecter les principes professionnels et éthiques dans la couverture de ces affaires, en se référant notamment à la Convention relative aux droits de l’enfant, à la Convention de Lanzarote, aux cahiers des charges relatifs aux médias audiovisuels et à leurs annexes, aux décrets-lois n°115 et n°116 de 2011, ainsi qu’aux principes de déontologie journalistique.

Protéger l’enfant et sa vie privée

Le Conseil de la presse souligne la nécessité de respecter la dignité de l’enfant, son intérêt supérieur et son droit à la vie privée. Il appelle les médias à s’abstenir de publier son nom, sa photo, sa voix ou toute autre donnée permettant de l’identifier, directement ou indirectement.

Il recommande également de ne pas divulguer des informations relatives à son environnement familial, scolaire ou social, ni des éléments liés aux circonstances de l’affaire susceptibles de permettre son identification ou de l’exposer à la stigmatisation ou à des représailles.

Le Conseil préconise, en outre, d’éviter la publication de documents, de photos ou d’enregistrements portant atteinte à la vie privée de l’enfant ou permettant de révéler son identité.

Respecter la dignité et prévenir la revictimisation

La directive appelle à éviter le sensationnalisme, l’exagération, les titres choquants et la publication de détails intimes susceptibles d’exploiter la souffrance de l’enfant pour attirer l’audience.

Le Conseil demande également de s’abstenir de culpabiliser la victime, de mettre en doute son comportement ou sa tenue vestimentaire, et d’éviter tout discours susceptible de justifier les violences sexuelles ou d’en minimiser la gravité.

Il souligne par ailleurs qu’il ne faut pas exercer de pression sur l’enfant pour obtenir une interview ou lui demander de raconter à nouveau les faits, et que sa volonté ainsi que son état psychologique doivent être respectés.

Responsabilité professionnelle

Le Conseil de la presse insiste sur la nécessité de vérifier les informations et leurs sources, et de distinguer les allégations, les faits établis et les décisions judiciaires, tout en respectant la présomption d’innocence et les droits de la défense.

Il appelle à adopter un langage précis et neutre et à éviter la diffamation, la discrimination ainsi que les procès médiatiques.

Ces principes doivent être appliqués à toutes les formes de publication et de diffusion, y compris les émissions de débat et les plateformes numériques. Les médias sont également appelés à surveiller les commentaires portant atteinte à la vie privée de l’enfant ou incitant à lui nuire.

Responsabilité éthique et juridique

Le Conseil de la presse rappelle que tout manquement à ces principes constitue une violation de la déontologie journalistique et peut donner lieu à une évaluation professionnelle et à la prise de mesures appropriées dans le cadre de ses compétences.

Il rappelle également que la révélation de l’identité d’un enfant victime de viol ou de harcèlement sexuel, ou la publication d’informations permettant de l’identifier, peut constituer une infraction punie par l’article 60 du décret-loi n°115 de 2011, dans les conditions et selon les dispositions prévues par ce texte.

Le Conseil souligne par ailleurs la nécessité de respecter les règles juridiques relatives au secret des recherches et des enquêtes judiciaires.

Il réaffirme enfin que la protection de l’enfant, de sa dignité et de son intégrité demeure une priorité dans tout traitement médiatique, sans porter atteinte au droit du public à l’information ni aux garanties légales accordées aux différentes parties.

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