- 19,8% des tunisiens ne suivent jamais ou rarement les médias tunisiens
- La vidéo et l’actualité sportive les favoris des récepteurs
Une étude quantitative initiée par le Programme d’appui aux médias en Tunisie (PAMT2) (*) et portant sur les pratiques de recherche de l’actualité sur les médias tunisiens de la presse écrite et digitale révèle que 80,2% de la population cible suivent parfois (57,1%) ou régulièrement (23,1%) les médias auxquels ils consacrent 66 minutes en moyenne par jour. Dans le détail 30,7% des répondants y consacrent plus de 61 mn en revanche 4% moins de 15 mn
En face 19,8% ne suivent jamais (27,8%) ou rarement les médias tunisiens sauf quand il y a une actualité exceptionnelle (72,2%)
Les raisons invoquées par les répondants vont principalement du manque du temps en ce sens que les études les accaparent (21,1%) au rejet pur et simple parce que cela ne les intéresse pas (17,5%) ou ne leur plait pas (14,3%)
S’agissant des formats préférés des Tunisiens s’intéressant aux médias nationaux, la palme revient à la vidéo (96,3%) suivie par les textes (54,4%), l’audio (51,7%) et le visuel avec seulement 29,1%. Et pour regarder et/ou écouter les formats audios, 51,1% d’entre eux préfèrent le dialecte tunisien et 28,8% sont indifférents pour ce qui est de la langue.

Quel type d’actualité intéresse le plus la plupart du temps l’audience tunisienne ? C’est l’actualité sportive qui l’emporte avec 22,1% des répondants, suivie par la politique nationale (17,8%), les faits divers (15,2%), l’actualité internationale (13,4%) et l’actualité des stars (8,9%)
Dans le Top 5 des thèmes d’actualité qui l’intéressent occasionnellement ou exceptionnellement, l’actualité internationale arrive en premier lieu avec 69,6% des répondants suivie par la politique nationale (68,3%), les affaires et l’actualité socio-économique (46,1%), l’actualité sportive (37,1%) et les faits divers avec 21,3%.
En revanche la santé, la nutrition et le bien-être n’intéressent que 16,5% des répondants alors que la science et l’environnement ne mobilisent que… 2,6% d’entre eux.
Par genre, les préférences des hommes vont principalement aux sports ( 43,9%), à la politique nationale (21,9%), à la politique internationale (17,4%), à l’actualité socio-économique (6%) et aux faits divers (5,3%).
En revanche les femmes s’intéressent en premier lieu justement aux faits divers (24,9%), à l’actualité des stars (17,1%), à la politique nationale quand même (13,7%), à la santé et au bien être bien entendu (13,6%) et à la politique internationale (9,6%).

Par ailleurs et contrairement à ce qui est communément admis, les Tunisiens n’ont pas une idée claire, tranchée sur leur choix entre médias classiques et médias sociaux. En effet 22,5% des répondants préfèrent les médias classiques, parce qu’ils sont, entre autres, plus crédibles, plus faciles à comprendre et leurs sources sont plus fiables, estiment ils ; et 15,2% les médias sociaux surtout parce qu’ils sont plus riches en détails, plus diversifiés, plus clairs et pour leur rapidité à informer. Pour le gros du bataillon 32,3% passent des uns aux autres en fonction de l’actualité et 29,9% n’ont pas de préférence, pour eux les deux sont identiques.
Pour ce qui est de la confiance accordée aux médias d’une manière générale, les classiques l’emportent avec 83,5% avec un pic de 20% de très confiants et un petit 5% seulement de confiance chez les jeunes de 18-25 ans et 10,5% pour les 26-35 ans. En face 16,5% n’ont pas confiance surtout parmi les jeunes. Quant aux médias sociaux 65,5% des répondants leur accordent leur confiance. 52,6% sont juste confiants et 12,9% très confiants surtout parmi les jeunes de 18-25 ans. Le reste 26,7% n’ont pas confiance, surtout parmi les séniors de plus de 60 ans, et 7,8% n’ont pas du tout confiance.
S’agissant de la relation médias-liberté, 63,8% des individus sollicités estiment qu’il y a une liberté de la presse dans tous les supports, surtout pour les plus de 35 ans. Les raisons sont principalement le fait « d’exprimer librement ses opinions surtout après la révolution, de traiter tous les sujets sans exception ainsi que l’absence de pression et de contrôle ». Par contre 36,2% des répondants ne le pensent pas surtout parmi les moins de 35 ans parce que, disent-ils, « il y a de nombreux journalistes en prison, il y a de la pression et du contrôle, il y a des sujets qui ne peuvent pas être abordés et des risques de sanction » notamment.
Manoubi Marouki
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(*) L’enquête a été menée en juin 2025.La population cible comptait 2018 personnes des deux sexes, âgées de 18 à plus de 60 ans, résidant dans les 24 gouvernorats du pays, en milieux urbain et rural, issues de différents milieux sociaux et ayant différents niveaux d’instruction.
Manoubi Marouki