La Présidence du gouvernement a saisi le tribunal de première instance de Tunis d’une demande de dissolution de l’association “Al Khatt”, qui devrait être examinée le 11 mai 2026, selon un communiqué publié par l’association le 21 avril 2026.
Al Khatt, qui édite la plateforme “Inkyfada” spécialisée dans le journalisme d’investigation, affirme faire face depuis la fin de l’année 2023 à une série de mesures bancaires, administratives et judiciaires. Celles-ci incluent des blocages et retards de transferts financiers, ainsi que des demandes répétées de documents et de contrôles. L’association indique également que certains transferts ont été suspendus pour des périodes variables sans justifications écrites des autorités concernées, malgré une correspondance adressée à la Banque centrale de Tunisie restée sans réponse, selon le même communiqué.
L’association précise avoir reçu en décembre 2024 une mise en demeure de la Présidence du gouvernement portant sur la mise à jour de documents liés à ses activités, à laquelle elle dit avoir répondu dans les délais impartis.
Il est rappelé qu’en octobre 2025, une suspension d’activité d’un mois avait été prononcée, décision contestée en justice. En janvier 2026, l’association a également été convoquée devant la brigade des crimes financiers complexes dans le cadre d’une enquête portant sur l’ensemble de ses financements étrangers. Elle affirme avoir remis l’ensemble des documents relatifs à ses activités et financements depuis sa création.
Al Khatt considère que ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par une intensification des pressions sur plusieurs acteurs de la société civile et des médias. Elle réaffirme son attachement au cadre légal et son intention de poursuivre ses activités.