La note globale de la Tunisie est également passée de 43,48 en 2025 à 40,43 en 2026, reflétant une détérioration dans l’ensemble des indicateurs utilisés dans l’évaluation.
Le classement montre un recul dans plusieurs indicateurs clés, notamment l’indicateur politique, qui passe de la 120ᵉ à la 135ᵉ place, avec une baisse de la note de 38,42 à 30,65. L’indicateur juridique recule également de la 128ᵉ à la 135ᵉ place, avec une baisse de la note de 47,21 à 43,23.
Une baisse notable est aussi enregistrée au niveau de l’indicateur social, où la Tunisie passe de la 109ᵉ à la 128ᵉ place, avec une diminution de la note de 54,88 à 48,48. En revanche, l’indicateur de sécurité affiche une légère amélioration en termes de classement (de 133 à 129), malgré la hausse des poursuites judiciaires contre les journalistes.
L’indicateur économique reste relativement stable en termes de classement (139 à 142), avec une stabilité quasi générale de la note, ce qui confirme la fragilité persistante du secteur médiatique.
Le rapport attribue ce recul au contexte politique que traverse la Tunisie depuis 2021, marqué par des transformations ayant affecté l’équilibre des pouvoirs et le climat de la liberté d’expression. Il souligne également une pression croissante sur les médias, notamment une baisse du pluralisme dans le traitement des questions politiques et l’émergence d’un discours médiatique plus aligné avec le pouvoir.
Sur le plan juridique, le décret-loi n°54 relatif à la lutte contre les “fausses informations” continue de susciter un débat important, étant considéré par l’organisation comme l’un des facteurs ayant contribué à l’augmentation des poursuites liées à la publication en ligne.
En plus des facteurs politiques et juridiques, le secteur des médias en Tunisie fait face à des difficultés économiques croissantes, en raison du recul du marché publicitaire et de la faiblesse des modèles de financement, ce qui affecte l’indépendance des institutions médiatiques.
Le rapport évoque également la multiplication des campagnes de dénigrement et de pression sur les réseaux sociaux, ainsi qu’une hausse des cas de harcèlement et de poursuites judiciaires contre les journalistes, avec plus d’une dizaine d’affaires enregistrées en 2024.
Selon les données du classement, trois journalistes sont actuellement détenus en Tunisie, tandis que les poursuites judiciaires se poursuivent contre plusieurs professionnels des médias, reflétant un climat professionnel tendu.
Plus de la moitié des pays du monde connaissent un recul de l’indicateur juridique de la liberté de la presse
Ce recul s’inscrit dans un contexte mondial marqué par une détérioration générale de la liberté de la presse, où plus de 60 % des pays ont connu une baisse de l’indicateur juridique en seulement un an. Cette tendance révèle une dynamique globale de durcissement à l’égard du travail journalistique.
Le rapport relie partiellement cette évolution à la multiplication des lois liées à la sécurité nationale et à la lutte contre le terrorisme, utilisées dans certains cas pour restreindre la couverture médiatique ou limiter l’accès à l’information, aussi bien dans des régimes autoritaires que dans des démocraties.
Les conflits armés jouent également un rôle majeur dans la dégradation de la situation des journalistes, notamment dans des zones comme Gaza, le Soudan et le Yémen, où les professionnels des médias font face à des risques extrêmes, allant jusqu’à la mort ou la détention.
En parallèle, les journalistes font face à des défis économiques croissants, liés à la fragilité des modèles de financement et à la baisse des ressources, ce qui affecte l’indépendance et la survie des médias.
Au niveau du classement, la Norvège conserve la première place pour la dixième année consécutive, tandis que l’Érythrée reste en dernière position. Certaines évolutions notables sont également observées, comme le recul des États-Unis à la 64ᵉ place et les changements de position en Syrie à la suite de transformations politiques internes.
En Amérique latine, plusieurs pays enregistrent également un recul significatif, en raison de la montée de la violence liée au crime organisé et des pressions politiques sur les médias.
Le rapport souligne enfin la faiblesse des mécanismes de protection des journalistes à l’échelle mondiale, jugés insuffisants ou inefficaces dans plus de 80 % des pays, ainsi que la montée des procédures judiciaires abusives utilisées pour exercer une pression et épuiser les journalistes sur le plan légal.
« `